Missionletter 11
2 javier 2003
“Se mit en route…”

Selon l’Evangéliste Luc, voici la réponse concrète de Marie à l’annonce de l’Ange Gabriel. Nous lisons en effet au verset 38 du 1° chapitre:

« Et l’Ange la quitta »,

et tout de suite après, au verset 39:

« En ces jours-là, Marie partit et se rendit… ».

De quel voyage s’agit-il? D’un véritable voyage d’évangélisation : la Mère de Dieu porte Jésus, la Bonne Nouvelle, c’est-à-dire l’Evangile, à Elisabeth. Une mission qui est à la fois annonce de l’Evènement central de toute l’histoire de l’humanité (cfr. le Magnificat) et service rendu au prochain (« Marie demeura avec elle environ trois mois » - Lc 1,56).
Dès les premières pages de l’Evangile, la Mère de Dieu nous est présentée comme le modèle du disciple de Jésus. Sous de très nombreux aspects, y compris la dimension missionnaire de notre vocation, nous trouvons en elle une extraordinaire maîtresse de vie évangélique. Elle aurait pu rester un peu tranquille à la maison, au moins quelques semaines, le temps de profiter de cette présence mystérieuse et merveilleuse du Fils de Dieu en son sein. Mais non! A peine reçoit-elle ce Don, elle part immédiatement transmettre la nouvelle à ses parents. Voilà le premier mouvement essentiel et fondateur de toute action d’évangélisation: ne pas garder pour soi ce que gratuitement nous avons reçu, mais partir, se mettre en route pour annoncer. Un mouvement qui ne doit jamais s’arrêter parce que c’est le mouvement même de l’amour. C’est la racine de l’élan missionnaire que l’Esprit Saint est entrain de réveiller dans l’Eglise (cfr. les innombrables appels du Saint Père dans ce sens).
En ce Temps de Noël, nous contemplons le Père qui envoie le Fils dans le monde : il se mit en route… Et à peine avait-il commencé son ministère public, Jésus envoya ses disciples en mission (cfr. Mt 10). Cet envoi a traversé les siècles et nous voici au début d’une nouvelle année, nous aussi envoyés en vertu de notre Baptême. Comme Marie, nous avons reçu l’Esprit Saint et nous sommes poussés nous aussi à communiquer l’Evangile au monde dans lequel nous vivons. Les évêques de notre pays (l’Italie) concluent les orientations pastorales pour la première décennie du Troisième Millénaire avec un paragraphe intitulé: « Une Eglise de disciples et d’envoyés »… L’authentique disciple de Jésus sait qu’il n’a pas de demeure fixe, il a conscience d’être passant et pèlerin parce qu’il est citoyen du Royaume qu’il annonce, chemin faisant:

 « Chemin faisant, proclamez que le Royaume des Cieux est tout proche. » (Mt 10,7)

L’authentique missionnaire du Christ est envoyé pauvre et quasiment sans rien:

« Ne vous procurez ni or, ni argent, ni menue monnaie pour vos ceintures, ni besace pour la route… » (Mt 10,9-10)

Pourquoi aussi pauvres? Parce que c’est ainsi que le Fils de Dieu a été envoyé sur la terre par le Père: « comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». (Jn 20,21) Peut-être aussi pour compter sur la force de l’Esprit Saint et pour ne pas faire de la mission notre affaire. N’oublions jamais que l’Esprit Saint qui descendit sur Marie est

« le protagoniste de toute la mission ecclésiale » (Redemptoris Missino chap. III).

Nous ne pouvons pas dire que le Seigneur nous rassure en nous envoyant si pauvres! Toujours en voyage! Quel programme! Le Saint Père nous aide à ne pas craindre quand il affirme, dans l’encyclique Redemptoris Missio au n°88:

« Précisément parce qu'il est « envoyé », le missionnaire expérimente la présence réconfortante du Christ qui l'accompagne à tout instant de sa vie: « N'aie pas peur... car je suis avec toi » (Ac 18, 9-10), et il l'attend au cœur de tout homme et de tout peuple. »

Le fait d’accepter de se mettre en route 24h sur 24 nous permet donc de rejoindre le coeur de chaque personne que nous rencontrons. Le Verbe de Dieu est « sorti » du Père pour rencontrer l’humanité : sortons nous aussi, partons, allons, laissons-nous envoyer chaque jour!

Bonne année!
Pierre Aguila

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