Missionletter 22
2 décembre 2003
“L’Ange Gabriel fut envoyé par Dieu…”
Depuis ce moment central de l’histoire de l’humanité – l’Incarnation – a commencé un mouvement que personne ne peut arrêter. Dieu a décidé de “descendre” et il envoie l’Ange Gabriel annoncer à Marie de Nazareth l’arrivée du Sauveur, l’Emmanuel, Yeshua, “Dieu sauve”! Dieu en mission parmi les hommes!
Il n’est pas spontané de penser au temps de l’Avent comme à un temps missionnaire, et pourtant il l’est! En ces jours bénis, nous nous préparons à accueillir de nouveau Celui qui est, qui était et qui vient, Celui qui est l’Envoyé en mission du Père pour porter la Bonne Nouvelle aux hommes, la Nouvelle di Salut! La question qui vient immédiatement à l’esprit est celle-ci : comment ce Salut pourra-t-il rejoindre tous les hommes, chaque homme… partout? Comment l’Envoyé du Père pourra-t-il être accueilli par les hommes d’aujourd’hui?
Si nous profitons de ce temps de l’Avent pour laisser entrer dans notre coeur les sentiments du Sauveur, nous serons un peu plus conscients du fait que nous aussi nous sommes envoyés par le Père en son Fils Jésus. Cette mission du Fils de Dieu ne peut continuer qu’à travers ses disciples. Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle visite de l’Ange Gabriel pour savoir que le Seigneur compte sur chacun de nous! Dans notre ADN de Chrétiens il y a le mot “envoyé”, que nous trouvons déjà à l’aube de la Nouvelle Création, le jour de l’Annonciation.
Alors, le temps de l ‘Avent ne serait-t-il pas un temps de réveil missionnaire? St François Xavier que nous fêtons providentiellement au début de l’année liturgique, nous aidera à accueillir en notre cœur l’ « anxiété » missionnaire, face à un monde qui est entrain de mourir de tristesse, qui agonise parce qu’il rejette son Salut! Par son exemple et ses prières, le patron des Missions nous aidera à avoir une conscience plus vive de l’urgence d’annoncer « celui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1,21).
Concrètement, nous pourrions saisir l’occasion de ce temps de grâces pour aider chaque personne que nous rencontrons à accueillir Celui qui est envoyé par le Père, notre Seigneur Jésus Christ. Nous pourrions être plus attentifs à chaque rencontre, à chaque occasion que nous donne la Providence pour transmettre la joie d’avoir accueilli Jésus dans notre vie. Nous pourrions être un peu plus « contagieux » de la joie du Salut! La grâce spéciale liée à ce temps nous aidera car, en fin de comptes, ce n’est pas nous qui évangélisons, mais c’est le Seigneur qui évangélise à travers nous. Le rôle de l’Esprit Saint, si central au moment de l’Annonciation, continue à l’être dans la mission de l’Eglise, comme le rappelle Jean Paul II dans l’encyclique Redemptoris Missio au n°29:
“Ce même Esprit a agi dans l’Incarnation, dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus, et il agit dans l’Eglise”.
Laissons-le libre d’agir en nous et de nous envoyer là où peut-être nous n’avions pas prévu d’aller.
Et si nous sommes un peu préoccupés, rappelons-nous que dans le lexique de l’Annonciation, nous trouvons une autre expression précieuse et significative: “rien n’est impossible à Dieu” (Lc 1,37). Cette divine promesse faite à Marie pour la réconforter et l’aider à accueillir l’Evènement le plus bouleversant de toute l’histoire de l’humanité, nous aide nous aussi pour la mission qui nous est confiée. Rien n’est impossible au Seigneur et donc nous n’avons aucune raison de nous décourager et de laisser tomber cette grande entreprise qu’est la Nouvelle Evangélisation. Si nous ouvrons les yeux, nous verrons que, même s’il n’en a pas toujours l’air, le monde attend son Sauveur. Le Pape l’a encore rappelé il y a quelques jours lorsqu’il écrit au Congrès Missionnaire Américain
“Je suis arrivé à l’intime conviction que l’humanité attend, avec une anxiété croissante, “la révélation des fils de Dieu (Rm 8,19)”.
Suivant l’exemple de St François Xavier et celui toujours plus impressionnant de Jean Paul II, demandons au Seigneur que chaque souffle qui est le nôtre, jusqu’au dernier, soit missionnaire!
Bon Avent et Saint Noël à tous !
Pierre Aguila

